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Le Djihad : guerre sainte ou combat intérieur ?

« S’obstiner à traiter l’intégrisme du seul point de vue culturel ou religieux, c’est avoir tout faux et faire en sorte que les intégristes aient tout vrai! »

DOUNIA BOUZAR[1]

« L’islam est à l’islamisme ce que l’uranium est aux armes de destruction massive. »

Tarek Fatah[2]

« Alors que les débats entre Al-Gazzali et Averroès portaient sur des questions abstraites et universelles, ceux d’aujourd’hui ont pour objet la longueur, la largeur et la couleur du voile de la musulmane. Il y a des siècles, Dieu présidait aux grands débats philosophiques entre musulmans, aujourd’hui beaucoup d’ignorants en ont fait un simple tailleur. »

Malek Chebel[3]

jihadFace aux événements qui ont ensanglanté cette année 2015, nous devons revenir aux fondamentaux. À savoir, nous poser les bonnes questions au lieu de sauter dans tous les sens, comme des cabris. Ces questions sont les suivantes :

  • Qui sommes-nous ? Quelles valeurs nous caractérisent ?
  • Qui sont ceux qui veulent nous détruire ? Pourquoi et comment ?
  • Comment allons-nous réagir ? Comment allons-nous les détruire ? 

Il s'agit là des fondamentaux de l'école de guerre. Cela fait près de 25 ans que la "Pax Europaea" nous a fait croire que nos seules préoccupations légitimes étaient le chômage, le mieux-être, l'écologie, l'éradication des maladies. L'obsession de nos gouvernants s'est tourné vers le moins d'état, la globalisation, l'économie. Et soudain, nous avons pris conscience de l'importance des fonctions régaliennes.

L'état doit protéger ses citoyens. Le Prince doit prendre ses responsabilités face à un ennemi masqué qui prend racine au sein de ses propres enfants. Une vraie menace apparaît après 25 ans d'insouciance et de confort. Nous sommes obligés, aujourd'hui, de revoir nos priorités. La dette, l'écologie, le cancer attendrons car une menace prioritaire est apparue, nourrie par l'insouciance de notre bonheur matérialiste. La remise en question est nécessaire et salutaire. Le nombrilisme est notre pire ennemi. Il faut revenir aux fondements de ce que nous sommes.

Qui sommes-nous ? 

Nous sommes issus d'une civilisation qui date de plus de trois mille ans, avec la civilisation grecque. Aristote, Platon, Socrate ... qui se sont nourris eux-mêmes de la civilisation égyptienne, au moins trois mille ans auparavant. Cette civilisation gréco-latine a forgée ce que nous sommes tant au niveau de la philosophie que de l'éthique. Revenons donc à ces fondamentaux. Il faut cependant remercier la civilisation ottomane de nous avoir restitué les textes grecques, alors que l'obscurantisme chrétien avait détruit la bibliothèque d'Alexandrie. Mais à cette époque, la civilisation arabe n'était pas encore polluée par l'islamisme. C'est à eux que nous devons la connaissance du zéro qui a été découvert en Inde.

Il faut revoir notre passé, les sectes chrétiennes au premier siècle ont été semblables aux islamistes fanatiques, elles ont aussi bien buriné les statues égyptiennes et brûlé la bibliothèque d’Alexandrie, détruisant ainsi un pan immense du patrimoine de l’Humanité. L’Histoire est un éternel recommencement. Le concile de Nicée en 325, réuni par l'empereur Constantin a permis la fusion des religions de l'époque : les sectes chrétiennes et les cultes de Mithra, d’Isis et de Dionysos en une unique religion d'état, le catholicisme romain qui a fini par affranchir l'esclave et la femme. Cela a été une longue évolution sur 2000 ans et même si l'obscurantisme du moyen âge a pu tonsurer la pensée libre, celle-ci a pu ressusciter au "siècle des lumières" de l'absurdité de l'Inquisition. Le slogan " La religion est l'opium du peuple ! "[4], illustre bien cette problématique. Karl Marx lui-même, a été inspiré de la philosophie des physiocrates et de celle des lumières, sa pensée a révolutionné le XIXe siècle, même s'il n'a pas toujours été bien compris, notamment par les idéologies fascismes de gauche comme de droite des dictatures du XXe siècle. 

Ainsi donc, nous pouvons constater que notre civilisation est le fruit de nombreuses connections avec celles de l'antiquité et la vérité a toujours été multiculturelles à l'insu de certains penseurs de l'extrême-droite incultes qui n'ont jamais étudiés l'Histoire. Les gaulois étaient des celtes et les envahisseurs Francs étaient des germains. Ce sont eux qui ont donné le nom de France à ce pays que nous connaissons aujourd'hui.

C'est dans l'Histoire de l'Humanité que nous pouvons comprendre qui nous sommes. Ce fleuve majestueux est l'origine des civilisations. À ce niveau, point de couleur de peau ou de religion, seulement l'intelligence de la race humaine. C'est pourquoi il est nécessaire de comprendre plutôt que de juger.

Quelles valeurs nous caractérisent ?

Les valeurs qui nous caractérisent sont judéo-chrétiennes. Mais ce qui nous caractérise essentiellement est notre attachement aux Droits de L'Homme et à la philosophie des Lumières. Ce n'est pas parce qu'il faut faire de la place aux nouveaux venus qu'il faut renier notre histoire et nos valeurs. Plus profondément, nos valeurs sont celles, héritées du siècle des lumières, elles ont permise la séparation des pouvoirs, la laïcité, la démocratie par la république et la devise : "Liberté, égalité, fraternité". Au lendemain de deux guerres mondiales fratricides, la constitution de l'Union Européenne a fédérée les valeurs communes précisées en ces termes par le traité de Lisbonne, à savoir le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’état de droit, le respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités.  Ces valeurs sont dites communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes (art. 2 TUE). Ces valeurs ont été affirmées pour la première fois par le traité sur l’Union européenne (TUE), signé à Maastricht en 1992 et complété par le traité d’Amsterdam (1997).

Mais la laïcité ne signifie pas éradiquer de l'espace publique les traditions et la culture, même si elles peuvent avoir des origines religieuses ou païennes. Frank Baasner (Directeur de l'Institut Franco-Allemand de Ludwigsburg) propose par conséquent de ne pas considérer ces valeurs comme un socle figé, mais comme un système animé de tensions. Le système ressemble un peu aux fameux mobiles de Calder.

  • Nous autres Européens (comme disait Nietzsche) nous sommes conscients que les valeurs ne sont pas des normes absolues, mais des "grandeurs d’orientation". Par ailleurs, le développement des valeurs dépasse infiniment le droit positif et la construction de la communauté européenne, incarnée aujourd'hui dans l'Union. C’est tant mieux : seul ce développement peut lui donner à l'Europe son orientation finale.
  • Nous autres Européens, nous n’avons pas besoin de nous figurer un ennemi extérieur pour saisir quelles sont nos valeurs et nous différencier des autres. Il nous suffit de réfléchir à l'histoire de l'Europe, histoire marquée par les guerres civiles, le totalitarisme et la barbarie. Par conséquent, l’étude de l’histoire européenne est nécessaire à l’avenir du projet européen.
  • Par contraste avec d’autres civilisations, l’Europe agit et pense en étant consciente de son histoire et de ses propres fautes. Cette lucidité fonde l'aptitude à la réconciliation de ses peuples. Voilà ce qui suscite l’admiration dans d’autres régions du monde comme la Chine, la Corée et le Japon.
  • Au-delà des valeurs, l’Europe se caractérise par une philosophie, "l’universalisme sceptique". L'Europe a inventé et exporté les droits de l'homme, mais les Européens pensent parfois qu'avec les droits de l'homme, ils font une erreur. De même, il n’est aucune conviction en Europe qui n’ait le prix de la vie humaine : la peine de mort y est suspendue.

Mais ces valeurs d’aujourd’hui sont récentes et datent à peine de l’après-guerre. Si l'on suit le raisonnement de Jean Ziegler, les peuples du tiers-monde ont bien raison de haïr l'Occident. Les Occidentaux ont arraché à leurs foyers et déporté outre-Atlantique des dizaines de millions d'Africains dont ils ont fait des esclaves. Plus tard, par le fer et le feu, ils ont colonisé et exterminé les peuples qui vivaient sur les terres de leurs ancêtres en Afrique, en Australie, en Inde... Le temps a coulé depuis mais "les peuples", écrit Jean Ziegler, "se souviennent des humiliations, des horreurs subies dans le passé. Ils ont décidé de demander des comptes à l'Occident".[5]

Les frontières des états au Moyen-Orient et en Afrique sont pour la plupart un héritage de la colonisation et sont marquées par les intérêts de l'époque de chaque métropole. Dès lors, sont-elles aujourd'hui vouées à être redessinées ?

Qui sont ceux qui veulent nous détruire ?

D'où vient cette idéologie mortifère ?

À l’origine, a été le wahhabisme, un mouvement idéologique sectaire moyenâgeux qui s’est implanté en Arabie Saoudite au XVIIIe siècle, grâce au colon britannique. Après la Première Guerre mondiale et la dissolution de l’Empire ottoman, les Britanniques allaient trahir Hussein Ibn Ali, chérif de La Mecque, roi du Hedjaz et allié de Laurence d’Arabie contre les Ottomans, au bénéfice d’Abdelaziz Ibn Saoud, qui expulse la dynastie hachémite en 1925, gardienne des lieux saints de La Mecque et de Médine depuis 700 ans. Abdelaziz Ibn Saoud devenait ainsi, en 1932, le premier roi d’Arabie saoudite.

Au milieu du XXe siècle, les régimes colonialistes furent remplacés par des dictatures militaires qui exaltent le nationalisme arabe, pratiquent un socialisme d’inspiration soviétique. Durant la dernière guerre, La fraternité Islamique et le Parti Nazi de l’Allemagne partagèrent le but commun d’exterminer les Juifs. La Fraternité Musulmane a été fondée en 1928 par des Wahhabistes, une forme extrémiste de l’Islam qui veut un empire Islamique Absolu où les Juifs et les Chrétiens n’ont pas leur place et moins encore les Athées. Cette secte islamique est responsable d’avoir bannit toutes les autres religions de l’Arabie Saoudite. Son but est un Empire mondial avec la Charia comme Loi. D’après la doctrine panarabe de la fraternité Islamique, le Moyen-Orient tout entier doit être libre de tous les non-musulmans. Dans cette logique, les sionistes doivent bien évidemment être exterminés.

La Fraternité islamique a préconisé des réformes sociales et agraires, mais elle fut violemment réprimée par les régimes dictatoriaux en place (Iraq, Syrie, Égypte).  Sous l’effet de ces persécutions, une troisième forme de fondamentalisme se développa. Elle se veut anti-intellectuelle et ressemble au mouvement anarchique du début du XXe siècle en Europe. Déçus du socialisme et du capitalisme, de la démocratie comme des dictatures, ils seraient devenus Nihilistes, ils n’ont aucune confiance en un quelconque régime politique, ils défendent ainsi la pureté de l’Islam, dont ils ignorent les fondements réels, pour établir une pseudo théocratie. L'Iran avait déjà ouvert la voie en ce domaine et nouveauté, ils s’opposent non seulement à l’Occident mais au principal courant de l'islamisme, le courant sunnite, tant au point de vue culturel que philosophique. Ils ne se présentent pas comme penseurs ou théologiens mais comme des professionnels en rupture de l’Occident, des gens ayant goûté à la gauche et au nationalisme courant. Nouveauté, ils représentent une menace pour l’Occident et pour l’Islam traditionnel.

Depuis le choc pétrolier de 1973 les pétrodollars de l’Arabie saoudite ont servi en partie à répandre par la fondation d’écoles coraniques, le fondamentalisme wahhabiste (volonté de revenir aux seuls textes fondateurs d’une religion). C'est ce qui a engendré cette radicalisation de l'Islam; l'Islamisme, cette doctrine extrémiste est une forme de politisation du fondamentalisme religieux traditionnel. L’alliance de la richesse des états du Golf et du fanatisme devient alors explosive, du moins auprès d’une minorité, contre les Soviétiques d’abord en Afghanistan et ensuite contre l’Occident décadent incarné surtout par l’Amérique qui devint le "Grand Satan" à abattre par tous les moyen par les prêches dans les mosquées, même en Occident, le wahhabisme qui s’incarne dans un replis sur soi et dans un refus de tout ce qui peut être un soupçon de modernité.

Deux phénomènes ont conduit à la création de ceux qui nous attaquent. D'une part, la rivalité des lieux saint de la Mecque revendiqués par les deux branches antagonistes de l'Islam, à savoir le courant sunnite, traditionnel et son schisme, les chiites. C’est l’affirmation dans les années 1960 des salafistes et autres groupes radicaux (le mouvement wahhabite en Arabie saoudite, les Frères musulmans en Égypte et en Syrie) qui a réveillé dans les pays sunnites l’antique détestation des chiites, minoritaires de l’islam, réputés déviants et hérétiques.

D'autre part, L'inquiétude des sunnites a atteint son apogée avec la Révolution islamique d'Iran, en 1979, et la volonté de l'ayatollah Khomeiny d'exporter son modèle à l'ensemble du monde musulman. S'estimant menacées, les monarchies du Golfe ont alors soutenu en 1980 (avec l’accord de l’Occident) l'invasion de l'Iran par l’Irakien Saddam Hussein. La guerre entre l’Irak et l’Iran a duré huit ans et fait plus d'un million de morts. Dans les pays du Golfe, l’oppression sociale et politique des minoritaires chiites par le pouvoir central sunnite n’a cessé de s’aggraver. Le jeu des alliances régionales a ensuite compliqué la donne. Si la République islamique d’Iran n'est pas parvenue à exporter sa révolution, elle a trouvé dans le Hezbollah chiite libanais, chez les alaouites (secte issue du chiisme) au pouvoir en Syrie et dans le gouvernement chiite irakien de solides alliés pour étendre son influence régionale. Au détriment de populations sunnites de ces pays qui se sont retrouvées discriminées à leur tour. Ces inégalités sociales profondes sont à l’origine des révoltes populaires qui ont éclaté en Syrie et en Irak.

Cette guerre entre les deux principales forces confessionnelles de l’islam a fait le lit des islamistes de Daech. Jouant sur le sentiment d'exaspération et d'oubli des populations sunnites de Syrie et d'Irak, les djihadistes ont d’abord été accueillis en libérateurs. En juillet 2014, ils ont proclamé le rétablissement du "califat islamique", représentant l'âge d'or de l'islam sunnite, disparu en 1924 avec le démantèlement de l'Empire ottoman. Ils ont ainsi décrété l'effacement des frontières entre la Syrie et l'Irak, héritées des accords d’après-guerre entre colonisateurs franco-britanniques sur le partage du Proche-Orient.

Communautarismes et prosélytisme

Dès 1980, l’apparition de marqueurs islamiques dans la sphère publique a bousculé le modèle républicain d’intégration nationale français en attisant les méfiances et générant autant de suspicions globalisantes que de raccourcis peu propices à calmer les esprits. De manière accentuée dans le contexte post-11-septembre et sur fond d’attentats terroristes (Paris, Madrid, Londres), la figure du musulman est devenue l’incarnation d’une forme certaine de dangerosité sociale. Les banlieues des grandes villes françaises sont devenues comme on le sait trop, des territoires à part, peuplées d’une jeunesse désœuvrée, abonnée au trafic de drogues et des armes. La police n’ose s’y aventurer, les écoles y sont désertées, les médecins et ambulances refusent de s’y rendre. Cette population est issue d’une immigration souvent lointaine, ces jeunes étant les descendants à la deuxième ou troisième génération de parents et grands-parents venus d’ailleurs pour travailler en France. Ce sont les enfants et petits-enfants, de nationalité française, qui ont agencé ces territoires en zones hors-droit. Les gouvernements sont les seuls vrais coupables d’y avoir édifié des ghettos immobiliers, mené des politiques économiques ne débouchant que sur le chômage, renoncé à imposer toute discipline dans la rue ou à l’école.

Le Salafisme est une idéologie raciste qui a généré des crises partout où il s’est implanté. C’est une idéologie mortifère et nihiliste car elle préconise le sacrifice morbide contre les félicités de l’au-delà. Ils se sont opposés à tous les Printemps arabes et même contre les Frères musulmans démocratiquement élus en Égypte. Ils sont en état d’insurrection en Tunisie. La Guerre de religion sunnite-chiite fait rage dans 9 pays (Afghanistan, Pakistan, Irak, Syrie, Liban, Malaisie, Yémen, Somalie, et Bahreïn). Les Salafistes dénoncent et menacent physiquement les élus et représentants de la communauté en France. De quelle Oumma se réclament-ils donc ? Le rite malikite majoritaire au Maghreb, a directement été visé au Mali par la destruction des sites maraboutiques qui comptent parmi les plus anciens et les plus remarquables de l’Islam.

Le terme salafisme est issu du mot arabe «salaf», qui signifie «ancêtre», «pieux prédécesseur», et fait référence aux premiers musulmans. Le salafisme prône ainsi un retour à la pratique ancestrale de l'islam, correspondant à l'époque du prophète et dont les musulmans se seraient éloignés. Pour ce faire, les salafistes, qui appartiennent à la branche sunnite de l'islam, défendent un mode de vie qui exclurait tous les éléments à l'origine de la perversion du culte musulman. Ils reviennent à ces fondements supposés de l'islam par une lecture littérale des textes coraniques, ce qui explique que l'on qualifie ce mouvement de rigoriste. En bref, C’est donc un mouvement traditionaliste, passéiste, qui aspire à islamiser la société non pas dans le sens d’une adaptation à son époque (la modernité) mais dans le sens d’une conformité au passé (la tradition), à l’image d’un âge d’or rêvé de piété et de gloire, comme au VIe siècle, rejetant le monde moderne et ses valeurs, ce qui ne les empêchent d'en profiter quotidiennement. Les salafistes aspirent à rétablir l’âge d'or de l'Islam par le Califat aboli en 1924, après le démantèlement de l'Empire Ottoman. Il semble que ce rêve hante, aujourd'hui, les dirigeants des pays arabes du Golfe et de la Turquie dont le rôle ambiguë est de plus en plus évident.

Selon Salem Ben Ammar[6] : "L’homo islamicus ou wahhabitus, l’homme idéal musulman est celui qui s’engage dans le sentier d’Allah, en situation de guerre permanente, le djihad qu’il soit offensif ou défensif, contre l’humanité non-musulmane. Vivant et respirant à 100% l’islam, obsédé par sa libido dans l’au-delà où il pourrait désinhiber ses pulsions sexuelles et donner libre cours à ses penchants alcooliques refoulés pour l’éternité et s’enivrer jusqu’à plus soif, sans jamais se poser de question sur le bien-fondé de ces promesses. Il doit gober tout ce que le Coran qui joue le rôle de catalyseur lui fait miroiter. Tant que c’est écrit dans ce livre qui est au terrorisme ce que Mein Kampf était pour la Solution Finale, pour lui, aucun doute n’est permis. Il ne croit qu’à une chose ses 72 houris et le vin de piquette pour l’éternité. Se poser de question revient à remettre en question l’islam lui-même dont son fonds de commerce est le sexe et l’alcool à volonté dans la vie après la mort qui peuplent le rêve de cet être primaire, concupiscent et lubrique. Il est la réincarnation vivante de la vie de Mahomet et ses mœurs barbares et immorales."

Toutes les religions et notamment monothéistes ont toujours imposés un contrôle sur l'utérus des femmes et en ce sens, l'islam ne fait pas exception avec le port du voile ou de la burqa.

La première preuve textuelle du port du voile vient de la Mésopotamie, où le culte de la déesse Ishtar était associé avec la prostitution sacrée. Ishtar est représentée voilée. Dans un hymne, l’Exaltation d’Inanna (nom sumérien donné à Ishtar), écrit vers 2300 avant J.C. par le grand prêtre du dieu de la Lune à Ur, cette déesse est appelée hiérodule (prostituée sacrée) d’An, An étant le plus ancien dieu des Sumériens.

Dans le code d'Hammourabi au XVIIIe siècle av. J.-C., la femme libre, contrairement à l'esclave, porte le voile sous peine de sanctions. Aux premiers temps de l'islam voiler la femme libre la mettait à l'abri des violences sexuelles perpétrées par les guerriers musulmans, ces derniers ne se privaient pas de violer les femmes lorsqu'ils tuaient et pillaient dans la voie D'Allah; bien souvent emportés par leur zèle, ils ne faisaient pas de distinction entre les croyantes et les infidèles, ce qui provoqua le mécontentement des compagnons de Mahomet. Mais, selon B.N. Aboudrar[7], il s’est répandu en terre d’islam comme signe de subordination de la femme, avant de devenir un enjeu symbolique de refus de la colonisation, puis une revendication d’indépendance culturelle par rapport à un Occident perçu comme hégémonique et décadent. Ce qui explique que, de nos jours, il puisse être autant porté comme un symbole de liberté que de sujétion.

Dans le christianisme, on trouve aussi une forte tradition pour que les femmes cachent leurs cheveux, mais jamais leur visage. La burqa et le niqab sont, depuis peut-être 7000 ans, le signe de la soumission des femmes. Alors que dans le monde d'aujourd'hui, les Indiens continuent de cacher les cheveux des femmes, seuls les musulmans imposent à leurs femmes ce vêtement inique. 

On peut dire, si l'on connaît l'histoire des religions, que les femmes qui portent la burqa sont "les prostituées d'Allah", se soumettant à un dieu cruel d'un autre âge. La question est de comprendre pourquoi des enfants nés en Europe puissent être fascinés par cette idéologie mortifère et moyenâgeuse ?

Selon Farhad Khosrokhava[8] : "Il y a deux types de jeunes occidentaux non musulmans qui partent faire le djihad. Les premiers sont des jeunes qui habitent aux alentours de cités à majorité musulmane. Ils grandissent entourés d’amis musulmans et s’assimilent à eux, miment leur comportement : ils ne mangent pas de porc, ne boivent pas d’alcool et s’essayent au jeun du Ramadan. Pour se prouver à eux-mêmes qu’ils sont de vrais musulmans, ils ont tendance à faire de l’excès de zèle et à se radicaliser bien plus que les autres.

La deuxième catégorie concerne plus les gens appartenant aux classes moyennes. Ils ne sont pas radicalisés par les cités mais par l’Internet. Actuellement l’islam est la seule idéologie militante qui demeure dans le monde. L’extrême gauche a presque disparu en Occident. Avant il y avait les décembristes, les communistes, les anarchistes… Désormais, même les trotskistes ne battent plus le pavé que pour des histoires de salaires ou de droits syndicaux.

L’extrémisme djihadiste permet donc de redonner un idéal de révolution, anti-impérialiste, à ces jeunes européens en perte d’identité. Le djihadisme leur donne une vision dichotomique, leur dit enfin quoi faire, ce qui est bien, ce qui est mal. Enfin, chez ces Occidentaux qui vont faire le djihad, il y a aussi une dimension humanitaire. Il ne s’agit pas de personnes qui veulent assouvir une folie meurtrière à la Merah ou à la Nemmouche, mais d'êtres humains qui veulent aller prêter main forte à leurs "frères" sur le terrain, des frères qu’ils sentent malmenés, maltraités."[9]

Les causes probables de la radicalisation des jeunes 

À la suite de mai 68, la perte des valeurs traditionnelles a conduit la jeunesse européenne à une impasse qui caractérise la sinistrose actuelle. Cette perte de repères se caractérise par les points suivants :

  • La perte du respect, de la religiosité et de la morale : L'attitude de respect qui accompagne la soumission à une autorité s'est érodée progressivement. Sous le régime des quatre premières républiques françaises, la grande majorité des citoyens respectaient les enseignants et, plus généralement les personnes instruites, les grands artistes, etc. Mais peu à peu ce respect a diminué en Europe, en même temps que la foi en Dieu.
  • La suppression du service national : C'était le creuset de la république, un moule qui permettait le mixage des individus et permettait de compléter l'intégration par des éventuelles formations professionnelles. 
  • La perte du sens de l'engagement personnel : Le nombrilisme a remplacé le don de soi. La baisse de la proportion de couples qui s'engagent à vivre ensemble en se mariant, et la forte proportion de divorces parmi ceux qui se sont mariés, ne sont que deux aspects d'un mal plus profond, qui touche énormément de gens : le refus de s'engager. De plus en plus de jeunes refusent de s'engager à fonder un foyer stable, ou à consacrer leur vie à un idéal humanitaire, ou à se consacrer entièrement à la réalisation d'un rêve professionnel ou artistique. Ils n'ont plus d'idéal, ou plus assez pour s'adonner à fond, pour s'y engager à la face du monde ; ils n'y croient plus, n'espèrent plus, sont découragés avant même d'avoir essayé. Les associations, les partis politiques ont de plus en plus de peine à renouveler leurs effectifs.
  • La perte du sens du devoir : Ne pas s'engager est souvent un refus du devoir. Des individus qui n'ont pas fini de construire leur personnalité, qui ont des valeurs  incertaines ou même fausses, ne voient pas en quoi ils ont certains devoirs ; ils ne voient pas pourquoi il faut être honnête, ou loyal, ou solidaire. D'autres distinguent correctement le bien du mal, mais ne se sentent pas tenus de bien se comporter, lorsqu'ils ne risquent pas une sanction ; ils ne se sont pas aperçus que l'on dort mieux avec une conscience en paix et l'estime des autres.
  • Inversion des valeurs chez les jeunes en situation d'échec : En même temps qu'ils ont perdu le respect, certains hommes ont perdu leurs repères, ou ne les ont pas construits pendant leur enfance et leur adolescence. Manquant d'affection de la part de leurs parents, ils n'ont connu de l'amour que les caricatures des films télévisés. Manquant de leçons familiales - ou au moins scolaires - sur le bien et le mal, le permis et l'interdit, les droits et les devoirs, ils n'ont appris que les règles des bandes du quartier et celles des films de violence. Manquant de respect de la part des autres, ils ne respectent que la force, imposée par la contrainte. Manquant d'instruction civique, ils ont de la société une image déformée, cruelle et injuste.
  • La disparition des idéologies révolutionnaires en Europe : Depuis la fin de la guerre froide, le gauchisme ne s'illustre plus que dans l'écologisme ou l'anarchisme, à travers les Anonymous ou les Black Block,  représentant aujourd'hui les derniers visages de la gauche radicale. Après le nazisme, le fascisme et le communisme, voici l’islamisme et son cousin, l’islamo-gauchisme. Pendant la Guerre froide, des gauchistes ont soutenu le terrorisme, notamment dans les années 1970. Aujourd’hui, des gauchistes et des islamo-gauchistes soutiennent le terrorisme islamique. 

Selon Olivier Roy : « Chez les jeunes antisystème, le djihad a remplacé le mythe de la Révolution »[10]Ils veulent faire peur aux gens qui les ont humiliés. Il faut cesser de les diaboliser, parce qu’à leurs yeux, cela revient à les héroïser, alors qu’ils sont des losers, des frustrés et des paumés »[11].

L'ignorance des fondements des religions a conduit à une instrumentalisation de celles-ci. Le religieux n’est plus enraciné dans la culture dominante et partout, la religion se reconstitue comme un système de normes, en se pensant comme minoritaire. On le voit avec le salafisme dans l’Islam, mais aussi avec Jean-Paul II et Ratzinger chez les catholiques, avec les juifs ultra-orthodoxes, les évangélistes, et même chez les hindouistes en Inde. Dans cette situation, le croyant a le choix entre trois attitudes : revanchard pour tenter d’imposer ses normes à la société ; le choix de vivre en ghetto, de manière communautaire ; enfin, l’idée apocalyptique que tout est foutu.

On retrouve chez les djihadistes cette conviction : « le monde est pourri et je crains de l’être aussi ». D’où la logique suicidaire à l’œuvre. Un chant fameux, un nasheed d’ailleurs très beau, entonné par les radicaux condamnés à mort sous Nasser, et repris par les djihadistes aujourd’hui, le Ghoraba, résume cela : « Nous sommes des étrangers sur la terre… ».

La radicalisation, c’est-à-dire la légitimation ou le recours à la violence, altère tous les grands monothéismes (et pas seulement l’islam), mais aussi le domaine social (« black block »…) et évidemment la sphère politique (identitaires, séparatistes…). Le radicalisme musulman recouvre pour l’essentiel le salafisme djihadiste, largement encouragé par le wahhabisme d’Arabie saoudite pour lutter contre les Frères musulmans. Il prévoit la fin prochaine du monde, avec comme signe annonciateur la guerre en Syrie, bataille de l’Armageddon prévue par les prophètes et reprise par le Coran. L’adepte entre dans une communauté fraternelle nouvelle, en adoptant une idéologie globale répondant à toutes les questions de la vie. Son salut passe par une pratique religieuse rigoureuse, classique dans les sectes de l’Apocalypse. Le salafisme djihadiste se différencie par un recrutement sans chef ou gourou identifiable. Il se fait par un système réticulaire qui enserre le candidat pour l’amener à une conversion radicale.

Le salafisme djihadiste a deux dimensions spécifiques. Il n’est pas qu’une pratique religieuse, mais la construction d’une identité politico-religieuse totalitaire qui se concrétise dans sa prétention à représenter l’ensemble des musulmans de la planète (oumma). La stratégie de ghettoïsation qu’il souhaite imposer à la composante française musulmane s’exprime à travers des revendications clivantes sans cesse renouvelées (alimentaires, vestimentaires, comportementales, scolaires…). Il rejette toutes les autres pratiques de l’islam en s’accordant un droit d’excommunication (takfir). Les enfants refusent l’islam des parents, allant parfois jusqu’à la rupture. Ses principaux ennemis sont d’abord d’autres musulmans (chiites, soufis ou autres écoles sunnites). Le terrorisme salafiste tue aujourd’hui dix fois plus de musulmans que de non-musulmans.

Par ailleurs, Ce qui fait la singularité du jihad contemporain par rapport à ces références, c’est l’éclipse de toute rationalité politique, libération nationale ou lutte des classes, et la mise en avant d’une transcendance, mélange de dogmes salafistes et de rengaines eschatologiques.

Le comportement des prédicateurs n'est pas toujours conformes à leurs élucubrations enflammées car une fois les frissons chevaleresques passés, on retourne à un confort bien mérité, par exemple : Le Cheikh Mohamed al-Arifi, prédicateur wahabite saoudien suivi par cinq millions d’adeptes sur Twitter, a appelé les jeunes musulmans à se diriger vers la Syrie pour faire le jihad. Juste après son appel, il s’envole pour la capitale britannique, pour passer ses vacances. Le cheikh des moudjahidines prend du bon temps à Piccadilly allongé sur le lit de l’un des plus luxueux hôtels de Londres, pendant que des centaines de jeunes, partis en Orient, meurent chaque jour, suite à son appel retentissant.

Mais c’est souvent ainsi : Ceux qui envoient des hommes se battre et mourir, restent bien au chaud. Ce jihad ne concerne nullement leurs enfants. Un prédicateur, interrogé à propos de ses quatre enfants qui ne sont partis faire le jihad, a affirmé toute honte bue qu’ils sont à Ryad (capitale saoudienne) en train de faire le plus grand des djihads.

Par ailleurs, il faut aussi constater que si les pays arabes du Golf sont à l'origine de l'idéologie djihadiste, aucun de ces pays n'a jamais accepté un seul réfugié sur leur sol.

Comment allons-nous réagir ? Comment allons-nous les détruire ?

  • Mieux comprendre la menace terroriste 
  • Mieux coordonner les actions des polices
  • Décrypter la propagande djihadiste
  • Se mobiliser contre les communautarismes

Lors du Conseil des ministres de l’Éducation et de la Jeunesse, qui s’est tenu à Bruxelles le lundi 23 novembre. Les ministres des 28 États membres ont exprimé leurs émotions et leur consternation quant aux événements tragiques du 13 novembre, qui appellent tous les pays européens à l’action.  Leur message été clair : "La réponse aux défis actuels ne peut être ni la peur ni l’exclusion de l’autre, mais doit être la défense ferme des valeurs européennes du respect, de la démocratie, de l’ouverture et de la tolérance. Ces valeurs ne doivent pas uniquement être promues, mais doivent être vécues au quotidien pour que chacun se sente impliqué. Elles se traduisent par l’inclusion de tous les enfants et de tous les jeunes dans une éducation de qualité, par une intégration des jeunes migrants dans nos sociétés, par un soutien adapté à leurs besoins et par la promotion de l’interculturalité et de leur participation dans la vie sociale, culturelle et politique. Elles se reflètent aussi dans un rapport respectueux et une réelle coopération avec les parents et les familles, et entre tous les acteurs concernés."

Selon Pierre CONESA, (« La fabrication de l’ennemi ou comment tuer avec sa conscience pour soi », Paris, éd. Robert Laffont, 2011) : « Dans la guerre de religion qui déchire le monde arabo-musulman, la France doit-elle prendre position entre les extrémistes sunnites et les extrémistes chiites ? 

En d’autres temps, l’Empire ottoman avait soutenu les Protestants contre les Catholiques. Cela ne lui a pas apporté un gain diplomatique significatif. Personne ne regardera jamais une intervention d’une puissance occidentale comme neutre, bien au contraire, elle sera dénoncée par les deux parties. Et l’Alliance en cours de constitution contre l’EIIL ressemble fort à une nouvelle Croisade puisqu’aucun des pays musulmans de la région n’engage des troupes combattantes a fortiori au sol.

Enfin il reste l’incroyable mutisme à l’encontre de l’Arabie Saoudite. Le Frankenstein que Riyad a créé en lançant ses prédicateurs salafistes se retourne aujourd’hui contre son maitre. Dans le roman de Mary Shelley, le créateur meurt avec le monstre. Faut-il aujourd’hui défendre le Docteur Frankenstein ? Si tout homme politique peut se permettre de rappeler les droits de l’homme à Beijing ou à Moscou, aucun n’a jamais exprimé la moindre critique à l’encontre de Riyad, sorte de Corée du Nord de l’intolérance religieuse, et qui plus est longtemps propagandiste du salafisme qui maintenant se retourne contre elle. Un dignitaire religieux chiite, Nimr Baqer al-Nimr, et « bête noire » des dirigeants saoudiens, vient d’être condamné à mort mercredi pour « sédition » par un tribunal religieux de Riyad spécialisé. Il a aussi été condamné pour « désobéissance au souverain » et « port d’armes ». Y a-t-il donc une conditionnalité politique à l’intervention occidentale contre l’EIIL ? Si oui, quelle est-elle ? La tolérance religieuse ? La signature du traité international contre la Torture ? L’envoi de troupes au sol pour défendre le régime chiite de Bagdad ? »[12]

Le communautarisme est un poison qui permet toutes les dérives et empêche l'intégration. Il a été mis en cause lors d’un colloque – La République face aux communautarismes – et dans un ouvrage de Julien LandfriedContre le communautarisme. Pour Julien Landfried, seules des politiques ambitieuses de réduction des inégalités sociales pourront contrecarrer les phénomènes de ségrégation. Pour conclure, Julien Landfried pense que les valeurs de la République pourraient bien inspirer à nouveau au-delà des frontières françaises. Des menaces telles que l’aggravation des tensions internationales, la montée des microracismes de contact, de la haine antijuive, du fondamentalisme protestant et du fanatisme islamiste nécessiteront des réponses. Julien Landfried exprime sa conviction qu’en dépit de toutes ses imperfections, la cohérence républicaine pourrait être une réponse adéquate.

Dans le Monde Diplomatique (février 2015), Pierre Conesa Précise : "Le combat contre les djihadistes ne se livrera pas sur des terres lointaines. Il ne peut se résumer non plus à une affaire de police et de justice. Lutter contre les idéologies religieuses sectaires requiert une vaste politique de contre-radicalisation s’appuyant sur la mobilisation des élites et des institutions musulmanes de France.

La Roubaisienne Lydia Guirous vient de publier « Allah est grand la République aussi », un livre ( éd. JC Lattès) dans lequel elle décrypte la montée du communautarisme en France à travers son expérience personnelle à Roubaix. Selon elle : « La laïcité est un combat qui est en train d’être perdu si rien n’est fait. Il y a un vrai risque de radicalisation des plus jeunes que l'on abandonne aux islamistes. » En publiant un tel livre, Lydia Guirous veut aussi briser les tabous qui existent, selon elle, dès qu’on évoque le phénomène de la montée du communautarisme et de ses dérives. « En France, il y a des sujets qu’on ne peut pas évoquer sans être taxé de raciste ou d’islamophobe c’est trop facile », poursuit-elle. « Il faut plus d’arguments et c’est même très dangereux. Ne pas s’occuper de la montée du communautarisme c’est rendre un grand service au Front National », fait remarquer la Roubaisienne qui est aussi membre du Parti Radical. Lydia Guirous n’en reste pas moins optimiste. « Je suis persuadée que les Républicains prendront le dessus, annonce-t-elle. Les musulmans de France en ont assez d’être associés aux islamistes, on l’a vu avec les manifestations de soutien après la mort d’Hervé Gourdel. »[13]

Comme l'expliquent Michèle Tribalat et Giovanni Sartori, accorder des droits collectifs séparés, de véritables « immunités » territoriales, des régimes juridiques d'exception, à des communautés - donc à des groupes - au nom de la liberté de conscience, au départ individuelle, aboutit non seulement à détruire le consensus philosophico-politique et juridique de base qui pousse les membres d'une même société ouverte à vouloir « vivre ensemble », mais cela revient également à nier le droit spécifique - en principe premier, dans les sociétés ouvertes - des individus au profit d'immunités communautaires. « Le paradoxec'est que la sacralisation de l'individu constitue le fer de lance de ces revendications (...) communautaires. Si le communautarisme pénètre en France, c'est par le biais du droit individuel, au nom de ma particularité, j'ai droit à... Mon sentiment est que nous assistons à une poussée identitaire, largement encouragée, du reste, par les réponses complaisantes que nous lui apportons. À Roubaix, on a poussé l'empathie jusqu'à installer un centre culturel arabo-musulman à l'intérieur même d'un lycée !»[14]

Les « sociétés ouvertes » peuvent-elle se permettre de renoncer à ne poser aucune limite au pluralisme alors que cette abdication risque, à terme, de mettre en danger leurs valeurs fondatrices et leur survie mêmes ? Le pluralisme et l'ouverture doivent-ils ne rencontrer aucune limite même si le prix à payer de cette absence de limites conduit in fine à réduire le degré d'ouverture et de pluralisme ? Le communautarisme, permis par les sociétés démocratiques et libérales, a-t-il vocation à saper les fondements des États-nationaux, unités politiques et administratives de base de la démocratie ? Là est, à notre sens, le véritable cœur du débat sur le communautarisme, l'intégration et l'État, débat d'ailleurs posé également Outre-Atlantique par des sociologues progressistes comme Benjamin Barber, lequel rappelle que l'état-nation demeure le cadre naturel de la démocratie moderne et que le multiculturalisme communautariste annonce au contraire une régression du rationalisme politique wéberien au profit d'un néo-tribalisme aux antipodes de toute forme de démocratie[15]. On en revient alors au dilemme également wéberien opposant éthique de conviction et éthique de responsabilité. Or, l'éthique de responsabilité commande d'étudier rationnellement et lucidement les conséquences futures de dynamiques difficilement contrôlables, comme cela est le cas du communautarisme islamique.

En juin 2015, Sébastien PIETRASANTA, Député des Hauts-de-Seine Rapporteur du projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme : "La déradicalisation, outil de lutte contre le terrorisme".

Dans ce texte il conclue : "Face à cette crise globale de société, nous avons le devoir de réagir. Cela passe par la réinstauration du vivre-ensemble qui fonde notre pays, la réaffirmation des valeurs de notre société et la reconstruction de perspectives d’avenir pour les générations futures. Cela revient à montrer à ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, qu’ils peuvent retrouver une place dans notre société en leur donnant des aspirations d’accomplissement personnel, autres que par la violence et le djihad. Trop souvent divisée, notre société a fini par se fracturer."

Ce rapport propose 37 propositions qui sont les suivantes :

  1. Mettre en place un fichier central de traitement des signalements.
  2. Organiser la confidentialité des données collecté
  3. Développer les échanges avec les pays concernés par la radicalisation.
  4. Intensifier la formation de tous les acteurs de terrain.
  5. Accroître les capacités d’enquête à disposition des juges d’instruction.
  6. Créer une structure nationale de soutien aux familles de radicalisés.
  7. Faire intervenir des équipes pluridisciplinaires, associant étroitement le tissu associatif et offrant un suivi psychologique personnalisé et des actions visant la réinsertion sociale.
  8. Créer un réseau de psychologues formés et spécialisés sur la radicalisation.
  9. Faire un recensement à l'échelle nationale de tous les acteurs locaux.
  10. Financer des référents « déradicalisation » au sein des collectivités locales.
  11. Mettre en place un système de mentor à la danoise pour l’accompagnement des radicalisés.
  12. Créer des centres dédiés de déradicalisation, tournés vers la réinsertion, avec une prise en charge contrainte.
  13. Confier aux juges l’affectation dans de tels centres.
  14. Renforcer les moyens du centre national d’évaluation (CNE), pour mieux hiérarchiser les degrés de radicalité et leur proposer des détentions adaptées.
  15. Créer une échelle des risques à partir des fiches de signalements.
  16. Formation du personnel pénitentiaire, notamment dans la reconnaissance des signaux faibles.
  17. Créer de nouveaux quartiers dédiés dans les prisons.
  18. Développer la prise en charge de la santé mentale en prison.
  19. Formation des aumôniers musulmans en prison.
  20. Créer des salles poly-cultuelles dans les prisons à l’instar de la maison d’arrêt d’Osny.
  21. Lancer une étude sur la récidive en matière de terrorisme.
  22. Améliorer la coopération entre les autorités et les entreprises du numérique, en matière de lutte contre l’apologie du terrorisme.
  23. Création d’un passeport Internet pour les élèves.
  24. Créer un guide à destination des parents pour évoquer les dangers dans l’utilisation d’internet et des réseaux sociaux.
  25. Mettre en place une « task force » de « community managers » pour identifier et combattre le discours djihadiste sur le web.
  26. Procéder à un référencement proactif en faveur de ce contre-discours.
  27. Populariser et renforcer la plate-forme Pharos (Plate-forme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements).
  28. Créer une grande fondation pour diffuser le contre-discours.
  29. S’appuyer sur le témoignage de familles de victimes, les familles de djihadistes et de repentis pour élaborer un contre-discours.
  30. Professionnaliser certains repentis crédibles.
  31. Mobiliser des interlocuteurs du culte musulman pour élaborer un contre-discours avec des arguments théologiques.
  32. Faire signer par tous les parents la charte laïcité en début d’année scolaire.
  33. Mettre en place des équipes mobiles d’intervention « laïcité » venant apporter leur aide aux équipes enseignantes.
  34. Former des représentants du culte musulman, respectueux des valeurs de la République, à même d’élaborer un contre-discours avec des arguments théologiques.
  35. Créer une fondation pour soutenir la recherche sur l’islam et l’élaboration d’un contre-discours, indépendant des pouvoirs publics.
  36. Constitution d’un patrimoine immobilier cultuel adapté aux besoins.
  37. Soutenir la formation intellectuelle (théologique, juridique, linguistique…) des cadres religieux musulmans officiant en France dans le respect du cadre juridique existant.

Le Djihad, V.I.T.R.I.O.L., même combat !

Nulle part le Coran n’attribue au terme « djihad » le sens de conflit armé lequel est désigné par l’expression "qital" : combat, guerre. Le sens de "djihad" par contre est lié à la lutte intime qui oppose l’homme à son ego. Ce qui est le sens noble de toute spiritualité destinée à la révélation de la conscience. C'est le "Connais-toi, toi-même" de Socrate. Il s'agit évidemment d'un détournement des textes du Coran qui ne sont qu'une émanation de la réalité sociale et politique du VIe siècle. L'islamisme est à l'Islam, ce que la pornographie est à l'Amour ; une caricature dégoûtante !

Les djihadistes sont des gens qui sont devenus salafistes-wahhabites et qui veulent réaliser activement par la violence le projet politique du salafisme-wahhabite. Ils s’identifient au romantisme des conquérants de l’Islam qui, par une action militaire aussi foudroyante que méthodique, ont submergé la moitié de ce qui était le monde connu d’alors. Mais, ce n'est qu'un référent identitaire illustrant l’incarnation d'un malaise politique. Ils ont une vision et une démarche qui consiste à nier l’humanité de tout ce qui leur fait obstacle et de tout ce qui leur résiste.

Olivier Roy, spécialiste de l'islam, estime que certains acteurs dans la région n’ont pas intérêt à voir Daech disparaître : l'Irak, la Turquie, l'Arabie Saoudite, l'Iran, Israël et Bechar al-Assad[16]. Ils trouvent dans son existence un intérêt par défaut : il n'est pas leur ennemi principal mais secondaire.

Il serait peut-être temps que l'Europe cesse son attitude "bisounours". L'attitude de la Turquie, nostalgique du "Grand Califat" semble assez évidente, en envoyant les réfugiés vers les frontières de l'Europe, elle a fait exploser les consensus et les bonnes volontés. Cela a nourri les partis populistes qui ont maintenant le vent en poupe. Pendant que les européens se disputent sur la dette et leur souveraineté respective, ils n'ont pas remarqué que le feu avait pris dans la maison et que les autres états continuaient à avancer leurs pions dans la "realpolitik", fondée sur le calcul des forces et l'intérêt national. La politique d'envois massif des réfugiés à ses frontières par la Turquie a mis l'Europe K.O., tandis que la Russie et les USA poursuivent leurs intérêts propres et divergeant dans la région.

Il était naïf de croire par exemple, que la Russie allait accepter de perdre la Crimée alors que pendant des siècles, l'empire russe a combattu les Ottomans pour conserver une base navale sur la mer noire. De même, il est vital pour les intérêts stratégiques russe d'avoir une base navale en méditerranée, en Syrie. Raison pour laquelle la Russie n'a pas d'autre choix que d'appuyer Bechar el-Assad, qui seul peut leur assurer cet objectif auquel d'autre gouvernance pourraient s'opposer. De même, les américains tiennent à une base aérienne en Turquie et à maintenir celle-ci dans l'OTAN, quitte à fermer les yeux sur ses bombardements contre les Kurdes et ses velléités géopolitique dans la région et, notamment au fait que la Turquie est le principal acheteur du pétrole brut de Daech et en échange son principal fournisseur d'arme, à travers des pseudos convois humanitaires dont des journalistes turques, emprisonnés pour espionnage, ont montrés les photos. Comment se fait-il que seuls le russes, s'attaque aux norias de camions citernes à la frontière turque ?[17] 

Le fait est qu'un bombardier russe abattu récemment par les turques a été le déclencheur d'une nouvelle donne dans la région. Du coup, les Russes commencent à distiller les informations de la complicité turque avec Daech, ce que personne n'avait fait jusqu'à présent. Doit-on craindre des représailles de l'OTAN, si les Russe s'attaquent à la Turquie ? Comment vont réagir les Européens, pris en sandwich ? Allons-nous vers une escalade mondiale du conflit ? Bonjour alors l'afflux de réfugiés !

Pendant que la France et ses partenaires européens lancent une offensive sur Daech, des interrogations commencent à se faire entendre en Europe. Cette "guerre" est-elle vraiment utile quand on sait que les auteurs des attentats sont essentiellement des enfants du pays de deuxième génération qui se sont radicalisés en Europe. Comment se fait-il que les services de renseignement n'aient rien vu venir et pourquoi est-il si facile de se déplacer en Europe et voire même jusqu'en Syrie alors que l'on est fiché et déclaré "ennemi public" ? Comment se fait-il que des personnes avec une fiche "S" puissent avoir professionnellement accès aux points les plus névralgiques des aéroports européens alors qu'on ne cesse de contrôler et fouiller les quidams moyens ? Tout cela parce qu'à force de "privatiser" des fonctions régaliennes, pour faire des économies, les états ne contrôlent plus la réalité des faits. Des entreprises remportent les marchés publics et les font sous-traité par des entreprises tierces dont on ne sait rien et qui recrute n'importe qui ... Cet mentalité de "bisounours" conduira les Européens à leur perte. Pourquoi cela n'a-t-il pas été dénoncé plus tôt ?

Les musulmans d'Europe ont aussi une responsabilité dans cette histoire. Leur silence a longtemps été la règle, considéré comme une approbation et il faut aujourd'hui choisir entre l'appartenance citoyenne ou à celle d'intérêts subversifs étrangers. On se croirait revenu à l'époque de la guerre froide où l'extrême gauche faisait figure de cheval de Troie du communisme et des intérêts soviétiques. C'est bien la preuve qu'il faut exclure ici l'implication de la religion. Les terroristes islamiques sont des mécréants qui ne font qu'instrumentaliser une religion comme d'autres ont pu le faire avec d'autres religions en d'autres temps. En fait, il ne s'agit pas du tout de religion, ici, mais de l'expression d'une doctrine fasciste révolutionnaire dont l'objectif politique est la restauration de l'ancien Califat dissolu après la première guerre mondiale. Il est inquiétant que cet objectif oublié dans les méandres de l'histoire moderne puisse devenir la cause d'une prochaine troisième guerre mondiale.

Il est peut-être temps de se réveiller et la peur qui motive beaucoup d'électeurs européens vers la mouvance populiste ne va faire qu'accentuer ce paradigme que représente aujourd'hui le rejet de la démocratie et de l'Europe, sous prétexte d'un mal de vivre et d'un rejet de l’interculturalité. 

La franc-maçonnerie se doit aussi de se sentir concernée car nous avons beaucoup de musulmans dans nos Loges et ils ne posent aucun problème. Il y a longtemps que les loges accueillent des hommes et des femmes libres, indépendamment de leurs convictions religieuses ou politiques. De nos jours, pendant que les pétrodollars, avec la complicité des puissances d’argent occidentales, tentent d’imposer à la planète entière la version la plus rétrograde de l’islam, à savoir le wahhabisme salafiste et djihadiste, l’Occident à son tour, grâce à la mondialisation, répand son « matérialisme trivial et vulgaire de consommation », son individualisme à outrance, mû par la recherche du plaisir à tout prix, à chaque instant. Alors qu’une poignée d’intellectuels musulmans appellent de leurs vœux une « purification spirituelle de l’islam » et la « déconstruction historico-critique » de ses sources scripturaires, les citoyens européens assistent, impuissants, à la perdition d’une jeunesse en butte à toutes sortes d’« addictions », allant, pour une minorité d’entre eux, jusqu’à chercher leur voie dans un djihadisme pathologique de cinéma tragique. Face à cette crise de la spiritualité et à cette perte de repères, qui touchent différemment le monde musulman et le monde occidental, les francs-maçons, toutes obédiences confondues, ont à leur disposition les outils symboliques et les méthodes de travail, pour leur permettre de travailler au « progrès de l’humanité », de toute l’humanité. Se servent-ils assez de ces outils ? Ont-ils la volonté de faire mieux ? Comment ?

Malgré ce contexte, plusieurs maçons le reconnaissent, le renouveau de la spiritualité maçonnique peut recréer des liens entre les loges et les musulmans comme cela a pu être fait en d'autres temps, avec les Juifs et autres minorités. "Mais il y a encore trop de préjugés de part et d’autre", regrette Chemsi Cheref-Khan (Administrateur de «La Pensée et les Hommes», Docteur en droit et licencié en sciences sociales de l’ULB). Dans un article (La Libre.be, Bosco d'Otreppe, 2015), il rappelle que dans les livres d’histoire, de nombreux musulmans ont pu se distinguer au sein des loges. L’ancien président égyptien Nasser, ou le Sultan-Calife ottoman Mourad V en sont deux exemples. Si la République laïque turque a pu voir le jour sur les cendres de l’empire Ottoman, c’est grâce au travail de la franc-maçonnerie : "Un tel chemin n’est pas encore d’actualité chez nous, mais je nourris beaucoup d’espoir pour que les maçons aident les musulmans à trouver celui de la conciliation entre islamité, citoyenneté et modernité."

De tous temps, la franc-maçonnerie a été un excellent vaccin contre les totalitarismes et notamment celui des religions monothéistes. Il faut espérer que l'esprit des Lumières qui agite toujours la recherche de la vérité continuera à repousser les dogmes et l'asservissement de l'Homme. Il faut faire bloc avec les Loges du moyen Orient pour que l'obscurantisme recule et que la raison triomphe. 

Le véritable Djihad est spirituel et a pour but d’amener une meilleure compréhension mutuelle entre les hommes au-delà des religions et des idéologies, démons de l’ego.



[1] DOUNIA BOUZAR. (L’intégrisme, l’islam et nous. Plon. 07).

[2] Conseil des droits de l’homme de l’ONU (17 sept. 2008).

[3] Malek Chebel, (L’Islam et la raison. Le combat des idées, p. 68)

[4] Slogan marxiste attribué à Karl Marx.

[7] Aboudrar ("Comment le voile est devenu musulman", Flamrion 2014).

[8] Farhad Khosrokhava, (sociologue franco-iranien, directeur de recherche à l'EHESS, auteur de "Quand Al Qaïda parle : témoignages derrière les barreaux, et de La Radicalisation".)

[9] (http://www.atlantico.fr, 29/11/2015).

[10]    Olivier Roy, 65 ans, enseigne à l’Institut universitaire de Florence. Philosophe de formation, très bon connaisseur de l’Afghanistan, il est l’auteur de nombreux ouvrages comme "L’échec de l’Islam politique", "L’Islam mondialisé ou La sainte ignorance".

[14] Entretien avec Elyzabeth Lévy, « Non à la victimisation des Musulmans », Le Figaro, débats et opinions, 30 janvier 2001.

[15] Revue Conflits actuels : mai-2001 (revue universitaire de géopolitique, de polémologie et d'histoire contemporaine de la Sorbonne).

[17] http://arretsurinfo.ch : La Turquie, État voyou et maître chanteur de l’Union Européenne, par Guillaume Borel le 29 novembre 2015.

Mis à jour (Lundi, 21 Décembre 2015 11:01)

 

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